Clefs demande aux colmariens ce qu’ils sont prêts à faire pour eux-mêmes et pour leur ville. Embarquement immédiat pour le plus beau des combats : organiser ensemble notre vie de citoyens !
Le monde associatif a fêté, il y a bientôt 7 ans, en 2001, le centenaire de la loi qui a consacré le fait associatif en France.
Ce fut l’occasion, pour tous les responsables politiques, de célébrer ces rassemblements nombreux et divers qui témoignent d’une grande vitalité des citoyens de notre pays, de leur créativité et de leur sens de l’engagement au service du bien commun. Les associations, avec le tissu mutualiste et les réseaux syndicaux, sont l’expression d’une volonté farouche de dépasser le niveau individuel, de faire corps avec d’autres et de réaliser des objectifs ambitieux qui nécessitent l’implication de beaucoup.
A Colmar, nous pouvons nous féliciter de l’existence d’un nombre très élevé d’associations, de tailles différentes, dans des secteurs d’intervention très diversifiés, réunissant des milliers de bénévoles qui les font vivre et qui y puisent une part non négligeable de ce qui donne sens à leur existence. Je serais tenté de dire que ce monde est tellement précieux pour ceux qui le constituent et pour ceux qui en sont les bénéficiaires, que les instances politiques seraient bien avisées de ne pas s’en mêler, afin de garder ses acteurs de toute instrumentalisation et de toute inféodation à des politiques publiques.
Evidemment, et c’est là que le bât blesse, les associations ont besoin du financement ou de l’aide logistique des pouvoirs publics. Les cotisations des membres et les dons de particuliers suffisent rarement pour pouvoir fonctionner en toute autonomie et en toute indépendance. Les normes, notamment celles relatives à la sécurité, qui s’imposent à toute association ont un coût, les lieux de réunions, les transports, les locations, grèvent beaucoup de budgets. Le recours aux subventions est quasi indispensable et le remplissage de formulaires de plus en plus complexes devient dissuasif.
Et c’est sur ce terrain que les choses se corsent dans les rapports avec les politiques. Ces derniers sont gestionnaires des deniers publics. Il est donc logique qu’ils s’interrogent sur la pertinence de ce qu’ils sont appelés à financer. Mais la tentation est grande de la part des élus de faire valoir leurs idées contre celles des initiateurs associatifs. La menace du non financement ou du retrait de l’engagement financier a pour effet de rendre frileux le monde associatif qui renonce fréquemment à ses idéaux et à certains de ses objectifs, de crainte de déplaire et de se trouver étranglé sur le plan financier.
A contrario, les élus, en échange de l’argent qu’ils apportent, demandent plus ou moins discrètement à participer aux orientations des associations qui se soumettent à eux, à travers des dirigeants qui ne se sentent plus tout à fait libres.
Cette imbrication malencontreuse est à l’œuvre partout. Aucune collectivité de droite ou de gauche n’a le monopole de ce genre de main mise sur les associations. Mais elle nous contraint à des questionnements qu’il faut avoir le courage de soulever. Un conseil municipal n’a pas toutes les compétences pour apprécier ce qu’il est nécessaire de soutenir et ce qui doit être tenu à l’écart des financements publics.
Comment juger des créations artistiques nouvelles, des courants culturels, des initiatives sociales, des expériences sportives ? Il y a des contrats de confiance à passer avec des groupes qui se lancent dans des innovations, des soutiens progressifs à négocier, des évaluations à effectuer. Qui doit en être chargé ?
Le monde associatif ne demande pas des blancs seings, mais il doit pouvoir agir avec une certaine liberté sans que celle-ci ne mette en cause les financements. En clair, le dialogue permanent doit être pratiqué. Le financement donne des droits aux élus et fait des obligations aux associatifs, mais l’argent n’est pas le seul élément vital d’une association. Elle apporte des plus values considérables dans les rapports inter générationnels, en matière de prévention, de formation, de contribution à la cohésion sociale et à la sécurité, au bien être personnel et collectif. Tout cela ne se monnaye pas et pourtant est de la plus haute importance. Il doit en être tenu compte.