Bernard Rodenstein et la liste Clefs tiennent à apporter leur point de vue sur le budget 2008 de la ville de Colmar. En effet les diverses listes candidates ont pu s’exprimer à ce sujet par leurs élus lors du dernier conseil municipal du 28 janvier.
En premier lieu, il faut absolument dénoncer les manipulations de chiffres concernant la hausse de la fiscalité. Ainsi la progression des taux d’imposition doit se cumuler avec la réévaluation des bases d’imposition si l’on veut se situer par rapport à l’inflation. Par exemple la hausse en montant de la taxe d’habitation a été de 2,37% en 2003, de 3,47% en 2004, de 3,35% en 2005, 3,24% en 2006, de 2,62% en 2007, soit une augmentation de 15,05% en 5 ans alors que pendant la même période l’inflation cumulée était inférieure à 9% !
Si l’on en reste aux slogans des différents soutiens UMP de Sarkozy, il en résulte une perte de « pouvoir d’achat » de 6% par rapport à la taxe d’habitation. Il en est de même pour la taxe foncière.
Est-ce grave ? cela dépend des projets que l’on veut mener avec ces ressources supplémentaires.
Ce qui est grave c’est de tromper l’électeur en prétendant que « grâce à cette augmentation de la fiscalité, le contribuable réalise une économie de deux millions ! ». Il existe un délit de publicité mensongère en droit de la consommation, y-a-il un recours contre le même délit en droit électoral ?
Pas de protestation sur cette manipulation des chiffres par les anciens adjoints de Gilbert Meyer pendant 12 ans, (dont l’adjoint aux finances). En effet leur complicité était trop flagrante (qui a dit bonnet blanc et blanc bonnet ?).
En deuxième lieu, il faut souligner la baisse continue du budget de fonctionnement au profit du budget d’investissement.
On n’est pas un bon gestionnaire quand les économies réalisées se traduisent par une baisse du niveau de service public.
Ainsi ces dernières années, le nombre d’animateurs sportifs de la ville est tombé au plus bas, le centre Europe fonctionne au ralenti, il n’y a plus assez d’ATSEM dans les écoles maternelles, aucune augmentation de personnel n’est prévu pour des crèches insuffisantes, la participation de la ville au périscolaire est insuffisante, les tarifs des services publics augmentent sans cesse.
Le mieux vivre dans notre cité de Colmar ne s’apprécie pas seulement en mètres cubes de pavés, en mètres carrés d’ouverture des cours d’eau, en statues de la liberté, en équipements pour les touristes.
Il faut investir bien sûr, mais aussi dans le fonctionnement !
Enfin il faut mettre en exergue un autre aspect de la gestion communale : la maîtrise foncière.
Vendre des terrains dont la Ville est propriétaire , ou qu’elle vient d’acquérir, à une poignée d’investisseurs immobiliers, permet certainement de remplir les caisses et de diminuer plus rapidement la dette, mais cela pénalise durablement la possibilité de maîtriser l’urbanisme au profit d’un mitage de zones entières. La cohérence des équipements collectifs, l’incitation aux équipements commerciaux de quartier et à la création d’emplois souffrent d’un défaut de vision d’ensemble parce que la Ville renvoie trop rapidement les choix vers l’investisseur privé.