Clefs demande aux colmariens ce qu’ils sont prêts à faire pour eux-mêmes et pour leur ville. Embarquement immédiat pour le plus beau des combats : organiser ensemble notre vie de citoyens !
Quelle tristesse !
« Vous êtes sortis pour manifester, et bien tintin pour votre subvention », semble avoir dit Gilbert Meyer aux élèves du Lycée Camille Sée. C’est d’un mesquin !
Où d’autre pouvaient être les lycéens, sinon dans la rue, au moment où le ministre met un peu davantage encore l’éducation nationale en coupe réglée ? Comment ne pas leur reconnaître le droit de s’insurger contre la privatisation rampante de notre système éducatif ? Comment ne pas s’associer à leur démarche en tant qu’adultes responsables qui savent bien jusqu’où peut aller la braderie des services publics au profit de groupes privés qui tentent de mettre la main sur tous les secteurs qui peuvent rapporter beaucoup d’argent ?
M. Meyer est d’avis contraire. La réforme de M. Darcos ne peut être que bonne puisqu’ils appartiennent au même parti politique. Les élèves écoutent sagement leurs professeurs et ne se préoccupent pas de donner leur avis sur les questions politiques. A chacun son métier et les vaches seront bien gardées. C’est le gros bon sens paysan près de chez vous. Circulez, il n’y a rien à voir.
Puisque ces jeunes ont bloqué la circulation, puisqu’ils ont été impolis avec les policiers, puisqu’ils n’ont pas respecté le trajet, une bonne fessée s’impose. Hélas, la fessée est interdite. Alors, quoi d’autre ? Sucrer la participation de la ville au voyage d’étude. Tant pis si elle a déjà été promise. Elle est retirée.
Pas un mot de compréhension pour le désarroi d’une jeunesse qui se heurte partout à des portes fermées. L’emploi ne les attend pas. La société développée par les tenants de l’ultra libéralisme n’offre pas le visage de l’accueil. Elle est carnassière et fait peur.
M. Meyer n’en a cure. Peut-être même qu’il ne se rend compte de rien. Plus que ses méthodes arbitraires auxquelles nous ne nous habituerons jamais en démocratie, c’est cette totale incompréhension des problèmes de fond qui nous le rend suspect pour l’exercice de ses fonctions.
Bernard Rodenstein