Clefs demande aux colmariens ce qu’ils sont prêts à faire pour eux-mêmes et pour leur ville. Embarquement immédiat pour le plus beau des combats : organiser ensemble notre vie de citoyens !
CLEFS, pourquoi… à quoi cela doit-il servir ?
Les récents débats autour de la création de CLEFS et des difficultés de relation avec le Parti Socialiste à Colmar mettent un certain nombre de gens mal à l’aise… et on le comprend ! D’autres en font des gorges chaudes, mais dans le débat municipal, si l’humour ne doit pas être absent, les rires ironiques ne peuvent faire office de projet politique.
Pourquoi CLEFS ?
Nous sommes un certain nombre (pour ne pas dire un nombre certain) à vouloir construire une alternative concrète à la gestion municipale actuelle à Colmar, en nous appuyant sur les forces vives de la Ville.
CLEFS rassemble des militants de tous horizons, adhérents à des syndicats de salariés ou des syndicats professionnels, animateurs et responsables associatifs, sportifs, adhérents ou non à tel ou tel parti politique, ou personnes tout simplement passionnées, comme les précédentes, par un projet public.
A l’occasion de la récente polémique avec le PS, beaucoup se sont sentis mal à l’aise, et la nécessité de réfléchir à la liaison entre le projet municipal de CLEFS et les partis politiques est apparue.
Etant militant d’un parti politique, je suis le dernier à en nier leur importance et leur nécessité. Ils sont le lieu privilégié d’élaboration d’une pensée collective destinée à orienter l’action des représentants du peuple dans la sphère des instituions du pays pour la mise en œuvre d’un projet de société, ou plutôt de transformation de la société.
On sait d’ailleurs ce que sont les sociétés sans liberté de se grouper en parti politique, ou les sociétés de parti unique, c’est à dire en réalité sans parti, au sens profond du terme.
Est-ce à dire que les partis politiques ont le monopole du débat ?
Est-ce à dire que tel ou tel parti politique a vocation de prendre le pouvoir pour mettre en œuvre son projet ?
Ma réponse à ces deux questions est négative : les partis politiques sont nécessaires mais pas suffisants (même s’ils le sont parfois par leur attitude !).
L’expérience des 30 dernières années montre vers où dérivent les institutions lorsqu’une pensée unique, un parti seul monopolise tous les pouvoirs. Ces dernières cinq années au niveau national nous ont permis d’en faire une expérience particulièrement amère…
A Colmar, si nous nous voulons construire une alternative, c’est pour justement changer ce mode de pensée qui donne à une majorité monolithique, voir un cénacle de chefs, tous les pouvoirs.
La démocratie ne se résume pas aux institutions. Elle a besoin de contre-pouvoirs pour exister, car les contre-pouvoirs obligent à l’intelligence. Le pouvoir unique limite l’action à la gestion du quotidien. Aussi performante soit-elle cette gestion du quotidien, d’un quotidien limité aux investissements matériels et à la gestion des flux touristiques hôteliers fait l’impasse sur le vrai futur, celui des générations de femmes et d’hommes aujourd’hui sacrifiées sur l’hôtel de la rentabilité immédiate avec son cortège de précarité, de pauvreté et d’inégalité.
L’association CLEFS est bien au centre de ce débat à Colmar.
CLEFS, … à quoi cela doit-il servir
Une alternative à Colmar ne peut se situer que dans la mouvance générale d’une gauche ouverte. Et celle-ci a du mal à se rassembler dans la diversité. Ce n’est pas neuf.
Pourtant l’histoire politique récente des élections municipales à Colmar semble montrer un chemin qu’il reste encore à défricher :
- En 1989, pas de discussion entre les organisations politiques, syndicales et associatives susceptibles de recréer un pôle de la gauche colmarienne.
- En 1995, deux mois avant les élections, le parti socialiste propose à diverses personnes de divers partis de s’associer à sa liste municipale. Ce fut un premier pas, même si les orientations et la campagne étaient décidées par le seul PS. A l’issue du scrutin, les membres de la liste, avec d’autres proposent de poursuivre cette expérience en créant l’association Rassemblés, avec les élus de l’opposition.
- En 2001, quelques mois avant les élections, Rassemblés arrive à réaliser une liste unique avec tous les partis de gauche. Ce fut un second pas. Mais ici il s’agissait encore d’un ralliement, sous la bannière du parti socialiste qui déterminait les orientations, la campagne et les actions.
Aujourd’hui, nous proposons un troisième pas dans cette progression.
Il ne s’agit plus de construire une unité autour d’un parti politique, mais de rassembler les partis politiques autour d’une idée : construire dans la diversité et avec les forces vives de la Ville une alternative concrète à Colmar. Les partis politiques ont un rôle éminent à jouer dans cette aventure : ils peuvent apporter le fruit de leurs réflexions collectives. S’ils savent le faire, ils conquerront une nouvelle crédibilité. S’ils se contentent de « lutter pour le pouvoir », ils se décrédibiliseront… et ce serait une catastrophe, pour tous.
Nous devons arriver, tout ensemble, militant syndical, associatifs, politiques, individuels à nous associer dans le positif. Nous avons une richesse : notre diversité et nos rêves. Ensemble nous pouvons les transformer en projets concrets.
Ce n’est pas de concurrence pour le pouvoir dont nous avons besoin, mais de coopération et de créativité. C’est dans cette émulation créatrice que nous pourrons construire l’alternative que nous voulons.
A chacun, individu ou formation de prendre sa place dans cette aventure : nous avons besoin d’être tous ensemble pour réussir.
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