Clefs demande aux colmariens ce qu’ils sont prêts à faire pour eux-mêmes et pour leur ville. Embarquement immédiat pour le plus beau des combats : organiser ensemble notre vie de citoyens !
On appelle ce lieu Kreativhaus. Cette "maison intergénérationnelle" offre un accueil sans hébergement, ouvert à tous, afin d'échanger compétences et services. Par exemple, des jeunes donnent des cours d'informatique aux plus âgés et en échange reçoivent des conseils en matière scolaire. « C'est important pour nous qu'il y ait cet échange, cela nous maintient actifs et en forme », s'amusent Hans Hermann Auersch, 86 ans, et Julius Markschiess-van Trix, qui a le même âge. Le premier donne des leçons de mathématique ; le second table sur son passé de directeur artistique dans le monde du cirque, du théâtre et de la musique.
« Chaque génération a
quelque chose à offrir »
« Chaque génération a quelque chose à offrir ; personne n'est trop vieux pour apprendre », dit le ministère de la Famille qui souhaite recréer un capital social et des réseaux d'entraide, « comme dans les familles autrefois ». Le programme d'action en faveur des Maisons intergénérationnelles prend en compte le potentiel que constituent les personnes âgées, de plus en plus nombreuses, ainsi que des changements de la société, comme le travail des femmes ou l'éloignement géographique des grands-parents et de leurs petits-enfants.
La Kreativhaus, qui a ouvert ses portes en 1992, se trouve depuis 2001 sur l'Ile des pêcheurs, dans le centre de la capitale. « A l'origine, la plupart des activités étaient du théâtre et de la musique. Mais nous sommes ici dans un quartier de l'ancienne RDA (Berlin-est) où près de 80% de la population a plus de 60 ans. Nous avons donc adapté nos activités aux seniors », précise Djamila Younis, une des responsables.
Après avoir posé sa candidature auprès du ministère de la Famille, la Kreativhaus de Mitte a reçu le label « Maison intergénérationnelle » en février, avec à la clé 40 000 euros d'aide annuelle.
L'Allemagne, comme beaucoup de pays occidentaux, voit vieillir sa population. L'Office fédéral des statistiques prévoit que le nombre de sexagénaires sera le double de celui des nouveau-nés en 2050, soit un million contre 500 000 naissances environ. En 2005, on comptait presque autant de sexagénaires que de nouveau-nés. Le nombre de personnes âgées de plus de 80 ans devrait passer de quatre millions en 2005 à dix millions en 2050.