Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Clefs demande aux colmariens ce qu’ils sont prêts à faire pour eux-mêmes et pour leur ville. Embarquement immédiat pour le plus beau des combats : organiser ensemble notre vie de citoyens !

Publicité

Pupilles de la Nation

Une douleur encore muette

Un recueil de témoignages a été présenté hier, à l'occasion du congrès national des pupilles de la Nation, orphelins de guerre ou du devoir. Tout simplement poignant.

 Se souvenir d'un père qu'on a à peine connu et qui reste à jamais dans votre coeur. Evoquer les souffrances profondes étroitement liées à la disparition de celui dont l'absence est encore ressentie. Raconter cette enfance si pénible. « Si mon père avait été vivant, ma vie aurait été différente. Nous aurions été une vraie famille, ma mère aurait eu une vie douce », dit l'un de ces orphelins.
 Comme quelques autres, il a accepté de témoigner et ses mots figurent dans un ouvrage présenté hier à Colmar lors du congrès annuel de l'association nationale des pupilles de la Nation, orphelins de guerre ou du devoir (ANPNOGD) (voir notre article en pages Région).

« Elle partait se jeter dans le canal »

Jean-Pierre le reconnaît, parler du paternel ne fut pas aisé. Cet homme, Joseph Nunninger, né en 1908, embarqué de force par les Allemands le 11 novembre 1944, peu de temps avant la libération du sud de l'Alsace. « 60 ans après, nous ne savons toujours pas le sort qui lui a été réservé », écrit Jean-Pierre. « Encore aujourd'hui, il y a comme un manque. C'est tellement pénible de ne pas avoir d'endroit où l'on peut se recueillir ».
 Janine Henner, dont le père a été empoisonné par la Gestapo en 1942, évoque aussi, de façon poignante, ces années de misère vécues avec ses trois frères et soeurs. « Désespérée, un soir, notre mère a quitté l'appartement laissant la porte grande ouverte. Affolés et en pleurs, nous nous sommes accrochés à son manteau puis au bout d'un moment, elle a fait demi-tour. Elle nous a alors avoué qu'elle partait se jeter dans le canal ».

« Quel choix avaient nos parents ? »

 Hier, au parc des expositions à Colmar, la plupart étaient présents pour réaffirmer leur volonté d'être considérés comme les autres, ces orphelins de guerre qui ont pu bénéficier des indemnisations prévues par deux décrets pris en 2000 et 2004.
 La tenue de ce deuxième congrès à Colmar n'était pas anodine. Bernard Rodenstein, président de la délégation Alsace forte de 800 membres, souhaitait montrer que le sort des enfants d'incorporés de force était indissociable de celui des autres pupilles de la Nation. « Quel choix avaient nos parents pris dans cette épouvantable tourmente ? Quelques-uns ont pris la fuite. Quelques-uns ont tenté de résister. Les réactions de l'occupant furent immédiates et sanglantes, histoire d'étouffer toute velléité de rébellion », rappelle-t-il dans l'ouvrage.
 Le congrès s'est terminé devant la plaque des martyrs de la Résistance, place des Dominicains. Un symbole pour Bernard Rodenstein qui y voit ainsi la reconnaissance des souffrances endurées par l'ensemble des orphelins, fils et filles de malgré-nous compris

 .
N.R

 Le congrès s'est terminé devant la plaque des martyrs de la Résistance, place des Dominicains, où s'est déroulé un dépôt de gerbes. (Photo DNA Nicolas Pinot)
« Orphelins de guerre, enfin des mots », édition Bentzinger ; 12 €. Disponible au siège d'Espoir, 78 avenue de la République à Colmar.
Édition DN  du Sam 26 mai 2007
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
<br /> Moi  je n'ai même pas eu la chance de connaître mon père. En effet, il était employé SNCF et conduisait dans sa locomotive un couvoi militaire qui a été mitraillé Il a été blessé<br /> mortellement, et est décédé après avoir soufffert, le 13 mai 1940. Ma soeur jumelle et moi même ,nous sommes venus au monde le 28 juillet 1940.J'ajoute que deux mois avant mon père, un frère est<br /> décédé accidentellement, en 6 mois deux disparus et deux naissances.Mon père mort pour la france, ma mère veuve de guerre et ma soeur et moi, pupilles de la nation et pupilles SNCF. Pour ma part<br /> et en ce qui me concerne personnellement "PUPILLE DE LA NATION" n'est qu'une mention marginale qui n'a jamais été prise en considération.<br />
Répondre
A
Bonjour mesieurs,le temoignage  que je viens de lire sur votre site est vraiment tès poignant, et je suis parmis les personnes qui connaissent  le "sens" des soufrances enduéres par les orphelins de guerre ou pupille de la nation, puisque , simplement, un  d 'eux mais........sans aucune reconnaissance.Je sui spret a temoigner des souffrances (morales)  que j ai endurés, que j endure et j'endurerai, et pour etre direct et clair, j ene veut pas d'indemnisation !!!!mais une simple ecoute et une reconnaissance.M.AOUADJ
Répondre