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Clefs demande aux colmariens ce qu’ils sont prêts à faire pour eux-mêmes et pour leur ville. Embarquement immédiat pour le plus beau des combats : organiser ensemble notre vie de citoyens !

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Sous une croix de sapin

Ni fleurs, ni couronne, ni famille
20070616-DNA017662.jpgPhotoDNA N.P

Le carré des indigents compte un nouveau pensionnaire au cimetière du Ladhof. Wlodzimierz, le SDF a été enterré hier sans cérémonie ni public
.

Il repose aux côtés de Robert et Wolfang, en face de Charles et Georgette. On ne sait même pas quand il est mort, Wlodzimierz. Des semaines, voire des mois que son corps pourrissait derrière une haie, sous un balcon de la rue des Jonquilles. Des riverains avaient bien senti une odeur désagréable mais ils ne pouvaient imaginer qu'un être humain avait perdu la vie, là, en pleine ville.
 Son cadavre a été découvert le 8 juin par un jardinier (DNA du 8 juin). Et ce jour là, Wlodzimierz qui aurait fêté ses 62 ans en septembre, n'avait jamais vu autant de monde autour de lui. Policiers, médecins légistes, magistrats, employés de pompes funèbres, le « SDF » n'a pas, ce jeudi là, laissé indifférent.
 L'autopsie n'a révélé aucune trace de violence. Wlodzimierz est décédé de « mort naturelle ». Comme s'il était « naturel » de crever comme un chien, avec pour seuls effets un sac de couchage envahi d'asticots et une bouteille de rosé à demi consommée. Wlodzimierz que l'on apercevait parfois à proximité du conseil général à Colmar, « taper » gentiment le passant de quelque euro, a été déclaré « indigent ».

Sous une croix de sapin

 Le service d'action sociale de la Ville de Colmar a délivré cette semaine un certificat d'indigence et le sexagénaire polonais a été inhumé hier à 11 h 30, dans le carré des indigents, secteur Ouest, au cimetière du Ladhof. A 11 h 33, la « cérémonie » était terminée. Ni fleurs ni couronne, comme dit l'expression consacrée, mais pas davantage de famille ni même d'amis. En avait-il d'ailleurs, Wlodzimierz, arrivé on ne sait trop comment à Colmar en 1998 ? « Un enterrement comme ça, c'est toujours émouvant, lâche Clément, l'un des croque-morts, ça semble injuste que personne n'y assiste. »
 « Aujourd'hui, sa famille c'est nous », s'autorisait hier l'un des six agents des Pompes Funèbres Générales. Wlodzimierz a eu droit à un vrai enterrement, qui n'a jamais aussi bien porté son nom. Il a eu droit aussi à un « Notre-Père », grâce à l'initiative d'un agent des PFG. Finalement, on recensait tout de même à la « cérémonie » huit personnes : Pierre, William, Patrick, Hubert, Mathieu et Clément, les six « croque-morts » et Serge et Pascal, les fossoyeurs.
 Le cercueil, modèle de base, est en sapin. La croix, vernie, aussi, avec au centre une petite plaque mentionnant nom et prénom de l'enfoui ainsi que les deux années délimitant son passage dans le monde des vivants. Depuis hier, Wlodzimierz repose sous son petit monticule de terre brune. En face de Georgette et Charles, décédés en 2004 et dont le vernis abandonne peu à peu les croix. L'indifférence, elle, ne semble jamais avoir abandonné Wlodzimierz.

 

Ph.M.
Édition du Sam 16 juin 2007
 
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P
Rappelons nous des paroles de l'abbe Pierre, lors de son passage à Colmar"  Votre ville,dit il, est belle, elle est parmi les villes les plus belles mais elle ne sera vraiment belle que le jour où il n'y aura plus un seul vieillard qui se sentira de trop, pas un seul enfant qui aura le sentiment d'être dupé, que le jour où l'on pourra dire: il n'y a pas une seule famille qui n'a pas de logis. Alors seulement votre ville sera belle, de la véritable beauté"
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