Clefs demande aux colmariens ce qu’ils sont prêts à faire pour eux-mêmes et pour leur ville. Embarquement immédiat pour le plus beau des combats : organiser ensemble notre vie de citoyens !
Nous reprenons ci-dessous in extenso l'article signé Clément Tonnot paru dans LE PAYS le 17/09/2008:
"À l’issue de 2h30 d’audience, hier au tribunal administratif de Strasbourg, le commissaire du gouvernement a demandé l’annulation du deuxième tour des élections colmariennes. Les juges ont quinze jours pour rendre leur décision.
« Nous proposons au tribunal d’annuler le deuxième tour des élections municipales à Colmar. » À l’issue de 2 h 30 de débats, hier au tribunal administratif de Strasbourg, la conclusion du commissaire du gouvernement a fait l’effet d’une bombe dans les rangs de l’assistance, où se trouvaient Roland Wagner et Brigitte Klinkert, candidats malheureux aux dernières élections, entourés par quelques-uns de leurs colistiers et un autre requérant, Mohand Boumaza.
Pour en arriver à cette conclusion, le commissaire du gouvernement a déroulé un exposé d’une heure, durant lequel il a rejeté les uns après les autres 20 des 22 griefs soulevés par les différents requérants qui réclamaient l’annulation des élections (Roland Wagner et ses 11 colistiers élus, Frank-Harold Heintz, 13e sur la liste Wagner, et Mohand Boumaza, représentant du personnel au comité technique paritaire de la Ville de Colmar). Seuls deux griefs ont trouvé grâce à ses yeux, le commissaire estimant qu’ils étaient « fondés et de nature à altérer la sincérité du scrutin ».
En cause : terrain de jeux…
En cause, d’abord, l’aménagement, entre les deux tours et aux frais de la Ville, d’un terrain de jeux rue de Belgrade (notre édition du 30 août). Celui-ci avait été réclamé par les jeunes du collectif Belgrade lors d’un débat au centre Europe, le 9 février. Représentant Roland Wagner et ses colistiers, Me Élisabeth Brand a fait valoir que ce terrain, appartenant à la société Logiest, était privé. Et que les travaux avaient été réalisés sans délibération du conseil municipal et financés sur un marché à bons de commande de voirie. Pour M. Wierasz, le commissaire du gouvernement, il s’agit clairement d’un « acte de propagande irrégulier » : « Il semble peu douteux que les travaux ont été réalisés dans l’urgence pour satisfaire la demande d’électeurs du quartier ».
… et mosquée
L’autre grief fondé selon lui porte sur la promesse de Gilbert Meyer de subventionner l’agrandissement de la mosquée Ennasiha, rue de la Poudrière, à hauteur de 162 000 €. Dans un courrier daté du 25 février à l’imam Bachir Daoudi, président de l’association culturelle des musulmans maghrébins (AC2M), Gilbert Meyer s’engageait en effet à soutenir le projet devant le conseil municipal, avec un financement à la clé. L’imam avait ensuite relayé cette promesse devant les fidèles, les encourageant à « voter dans leur intérêt ».
« Les déclarations de l’imam ne sont pas imputables à Gilbert Meyer, a fait valoir Me Pierre Soler-Couteaux, qui intervenait pour le maire de Colmar et ses colistiers. Le maire n’a fait que rappeler la pratique habituelle de la Ville de Colmar en matière de subventionnement des édifices religieux. » Mais pour le commissaire du gouvernement, il y avait là « un réel engagement » du candidat Gilbert Meyer. Et de rappeler, à propos du soutien affiché par l’imam, que « le conseil d’État a régulièrement censuré les interventions irrégulières du clergé ».
«Sincérité altérée»
Restait la question de l’incidence de ces deux éléments sur le résultat du 2d tour. Pour M. Wierasz, qui souligne que l’écart entre les deux listes n’était que de 0,69 % des suffrages exprimés, « les deux griefs semblent concerner suffisamment d’électeurs pour altérer la sincérité du scrutin ». À l’en croire, la promesse de subventionner la mosquée constituait à elle seule une « irrégularité suffisante pour justifier l’annulation du scrutin ». Reste à savoir si le tribunal administratif, qui a désormais quinze jours pour se prononcer, suivra les conclusions du commissaire du gouvernement, comme c’est le plus souvent le cas. Ni Roland Wagner, ni Gilbert Meyer n’ont en tout cas souhaité faire de commentaire après l’audience".
Clément Tonnot
Photo ci-dessus:
"À l’issue de l’audience, Roland Wagner, Brigitte Klinkert et leurs colistiers avaient de bonnes raisons de croire à l’annulation du scrutin colmarien". Photo Dominique Gutekunst