Clefs demande aux colmariens ce qu’ils sont prêts à faire pour eux-mêmes et pour leur ville. Embarquement immédiat pour le plus beau des combats : organiser ensemble notre vie de citoyens !
Les élections municipales sont terminées, et il faut bien entendu tourner la page pour construire l'avenir, je suis bien d'accord.
Mais quand on prend la responsabilité d'un mouvement, il est normal d'assumer ces responsabilités jusqu'au bout. Rejeter la "faute" sur les autres, ce serait fuir ses responsabilités ! Pour avoir une stratégie d'avenir, il faut bien faire le bilan de celle mise en œuvre surtout si elle a abouti à un échec, afin de ne pas recommencer les mêmes erreurs!
Comme je l'ai dit lors de la réunion de bilan quelques éléments d'analyse me semblent devoir être pris en compte :
Les élections de mars ont été marquées par la division. Chacun y a sa part, certes... mais celle-ci ne me semble pas tout à fait également répartie... à chacun de faire son introspection. L'apparition tardive de deux listes supplémentaires à gauche fin janvier (...pour des élections en mars) alors que la campagne était déjà lancée depuis plusieurs mois, sans aucune tentative de regroupement des forces a fait exploser le potentiel de gauche (entre 20 et 25%) en trois parties comparables...
Nous avions le temps de préparer le "troisième tour" : CLEFS l'a proposé en juin, puis de nouveau en septembre... avec par deux fois, une fin de non recevoir, aussi bien des verts que du PS. C'est dommage... avoir retardé la mise en place de l'union jusqu'à la fin du mois d'octobre nous a laissé trois semaines pour préparer ce troisième tour... quelle que soit l'efficacité, la bonne volonté, c'est notoirement insuffisant pour se présenter de manière crédible à une élection. Pourquoi ce retard ?... Chacun ici également doit assumer ses responsabilités et examiner les raisons pour lesquelles il a construit ce retard.
Enfin, commencer une union par des exclusions est une stratégie qui mène à l'échec. L'union ne s'est pas faite entre les trois listes, mais avec un courant du PS... laissant les autres de côté et l'autre liste au bord du chemin. CLEFS a été confrontée à cette convergence. D'autres choix auraient été possibles... Alors, pourquoi ce choix ?
Une telle stratégie d'exclusion ne permet pas de fédérer les diversités ! Elle crée une situation délétère... qui aboutit assez logiquement à l'expression de mouvements que cette stratégie d'exclusion ne permet pas d'intégrer.... Dans cette affaire, l'analyse "générationnelle" (les jeunes ou les nouveaux contre les vieux et les anciens, ou à la place...etc) me paraît d'une grande pauvreté et ne rend pas compte de la réalité... la preuve par "bougeons les lignes" !!
A ce propos, la proposition de faire entrer un membre de CLEFS au Conseil en demandant à l'un des élus PS de démissionner afin que les trois composantes soient représentées ne manque pas de pertinence. Mais elle m'amène à poser deux questions :
1, 2, 3 et ainsi de suite... c'est l'acte politique marquant une véritable union solidaire que nous avions proposé lors de la constitution de la liste... Cela n'était pas "possible" alors... il a fallu cet échec retentissant pour que cette exigence politique logique soit audible maintenant... pourquoi ? ...pour avoir la tête de liste, il fallait "accepter" les "compensations", et maintenant qu'on a la tête (et l'échec) on arrive à passer par dessus ces "compensations" ...
Alison Ober propose à Pierre de démissionner... Ce n'est pas ce que proposait Hélène... Hélène parlait d'un acte politique. Le même que celui que nous avions proposé lors de la constitution de la liste. De quel droit proposer que Marie Christine "rejoigne Victorine et Frédéric" ? ... Je n'ai rien contre l'un ou l'autre... mais je suis très choqué par cette proposition, désignant Pierre comme étant celui qui devrait démissionner... (encore une fois ce n'était pas la proposition d'Hélène !) ... ici encore intervient la notion d'exclusion, sous le prétexte "générationnel"...
La question de la diversité : à ma grande surprise, j'ai constaté que les questions de nouvelle gouvernance de la cité, notamment la question de la mise en place de véritables conseils de quartiers avec budget participatif n'était plus citée. La présentation du programme avec cette connotation très "verte" (couleurs, graphisme et contenu - le quartier des maraîchers et la rue des nénuphars prennent plus de place que la question du logement et des quartiers Ouest...), ne me paraît pas respectueuse de la diversité des composantes (ni d'ailleurs, c'est mon point de vue, représentative des préoccupations majeures de la population...). Dans la précipitation d'une campagne de trois semaines où le "tract programme" a été bouclé quatre jours avant le scrutin, il fallait bien que quelqu'un prenne des décisions. C'est normal. Mais justement il appartenait à Frédéric non pas d'être Vert, mais président d'une association de trois mouvements... Le même travers, je l'ai vécu durant ces 13 dernières années de collaboration au sein de "Rassemblés"... le bilan n'en n'est malheureusement pas très brillant... et je pense qu'une bonne part de ce bilan est dû à cette question.
L'extraordinaire mauvais résultat de la liste de gauche lors de ce troisième tour (le plus mauvais score depuis... 40 ans) est le résultat de cette stratégie à propos de laquelle il est normal que chacun assume ses responsabilités sans la rejeter sur les autres, ni surtout sur les électeurs...
Une fois les choses dites (et il est normal qu'elles soient dites), il faut à la fois tourner cette page très sombre de la vie politique colmarienne et tenir compte des erreurs du passé pour construire quelque chose de véritablement neuf.
De ce point de vue, la construction d'un pôle de gauche, avec toutes ses composantes (partis politiques et collectifs citoyens) et dans le respect de la diversité de ces composantes me paraît la tâche la plus importante qui se présente à tous ceux qui sont déçus par cette situation.
Il faudra certes du temps. Il faut commencer tout de suite... de peur de construire de nouveaux retards....
La gauche a trois élus au Conseil Municipal. Ils peuvent à partir de leurs responsabilités de conseillers apporter leurcontribution à cette tâche. Malgré les difficultés des rencontres humaines ont eu lieu entre des gens qui ne se parlaient plus. C'est un premier tout petit pas. Il faut cultiver ces rencontres, sortir du "microcosme"...
Le printemps prochain, avec la crise qui s'aggrave très fortement, doit nous trouver solidaires pour participer aux luttes qui ne manqueront pas de se développer face aux politiques cyniques de la droite : organisation du chômage, démantèlement des services publics, de l'école publique, restrictions drastiques du financement du logement social (- 30% ...), mise en cause des libertés individuelles et brutalités policières, chasse aux sans papiers...etc. C'est solidaires sur ce terrain que nous construirons une nouvelle gauche diverse et dynamique prête dans quelques années à affronter de nouvelles échéances électorales sur le plan municipal.
Guy Peterschmitt, pour CLEFS
En guise de réponse conclusive et ouverte au message reproduit ci-dessous:
"Chers tous,
Allons-nous rester silencieux, abattus, complices en quelque sorte, de cette déferlante de reproches publiques de nos "proches" ? Acquiescer par notre non-réponse à leurs attaques nous donne un air de soumis et de coupables que nous ne sommes pas! Les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espérances, soit. Mais la liste commune aurait pu ne jamais voir le jour. Malgré les difficultés (délai court, erreurs de stratégie, dissensions et tensions internes aux groupes, changements dans les groupes de travail....) du bon travail s'est accompli, une base pour l'avenir est posée. Beaucoup de ceux qui nous reprochent notre échec n'étaient pas avec nous pour y participer. A nous, à travers et avec nos élus, de dire cette volonté de construction future et d'inviter ceux qui veulent avancer à partir de cette base de se faire connaître. A nous de proposer une ouverture, un projet et une méthode écartant les polémiques stériles. Viendra qui voudra! Et avec ceux-là on pourra parler d'une autre ville possible! Pour marquer symboliquement la présence des trois composantes de notre liste commune, je propose, comme d'autres, que Marie-Christine remplace Pierre au conseil pour rejoindre Fred et Victorine. Ces trois personnes, toutes trois nouvelles en politique municipale, pourront ainsi porter notre projet commun et être le lien et le liant pour son développement.
Merci à Guy Peterschmitt pour son analyse. J'aimerais bien connaître les points de vue des autres partenaires. Car il ne faudra pas en rester là.Mais plus encore je ferai attention aux actes des uns et des autres. Par exemple au conseil municipal. Je vois que Gilbert Meyer est déjà en train de faire danser les 3 morceaux de l'opposition selon sa propre musique. Est-il vraiment judicieux de jouer son jeu ?