Clefs demande aux colmariens ce qu’ils sont prêts à faire pour eux-mêmes et pour leur ville. Embarquement immédiat pour le plus beau des combats : organiser ensemble notre vie de citoyens !
Nous avons découvert un jour de juin à la sortie de la gare le taxi version tricycle pour deux clients de Monsieur S. Son entreprise se nomme « Vélivélo » et elle tente de vivre.
Une parente, âgée de 80 ans, venue exprès des Etats-Unis pour revoir Colmar qu’elle avait visité 20 ans plus tôt, fut tout à fait d’accord pour emprunter ce mode de locomotion dans la vieille ville.
Pour quelques euros, nous avons agréablement profité de ce taxi d’un genre nouveau, non polluant et panoramique. Nous sommes passés par des ruelles et des petites cours discrètes où pousse parfois un vieil arbre.
En aucune façon, que ce soit pour la rapidité ou pour le confort « Vélivélo » n’est un concurrent sérieux pour les taxis classiques.
Tout en pédalant, Monsieur S donnait quelques indications sur la ville et se rangeait sagement pour laisser passer les autres usagers, les voitures et même le petit train qui transporte des dizaines de touristes. Bref, il savait se faire discret et il ne gênait guère la circulation.
Mais Monsieur Meyer, qui pourtant favorise le vélo dans sa ville, l’a chassé du centre de Colmar par une mesure d’autant plus injuste que ce « Vélivélo » est une expérience originale qui permet à son inventeur de sortir du chômage.
Car Monsieur S a investi pour acheter un tricycle électrique et l’aménager en taxi vélo pour deux personnes. Il a longuement cherché avant de trouver le seul assureur qui accepte de prendre en charge ce mode de transport écologique et original.
Au bout de tous ces efforts « Vélivélo » se voit rejeté du centre de la ville où il était justement le plus adapté.
Il ne lui reste plus que les courses en périphérie qui sont bien davantage le domaine des taxis classiques.
Survivra-t-il dans ces conditions ?
Est-ce ainsi que l’on doit soutenir les chômeurs courageux qui cherchent à s’en sortir ?
Priver de son travail un homme qui a une idée intéressante sans peser le pour ni le contre, c’est aussi bête et regrettable que prétendre punir tout un lycée pour quelques élèves dont le comportement a déplu.
Elisabeth